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Deuxième jour

Mercredi 10 :

Je remange à peu près la même chose mais cette fois ci avec des saucisses de brebis de chez Gilles Marty, éleveur bio de brebis du village http://www.agneau-bio-marty.fr, également mon fournisseur d’herbes à infuser…

Un champ du Causse nous sépare à peine…


Gilles Marty Eleveur Bio Agneaux du Quercy
envoyé par linoustephane

 

 

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Premier jour...

Tout au long du mois d’août, j'ai sondé mon entourage au sujet de ce qui pourrait me remplacer le thé et le café.

En effet, j’ai l’habitude de commencer la journée avec un grand bol de thé et de ponctuer celle-ci avec quatre ou cinq tasses de café. Il me fallait donc trouver des « herzatz » à ces deux boissons issues de productions qui ne sont franchement pas locales.

Pendant l’Occupation, nos grands parents se sont débrouillés, non ? Je voulais, cependant, trouver des plantes qui me garantissent tout de même un certain effet « tonique ». Gilles et Véronique, des copains du Lot dont le mari est éleveur de brebis et la femme est diététicienne, non à 150 km mais à 150 mètres de chez moi, m’ont alors renseigné et « ravitaillé » après avoir glané dans leur jardin de la menthe, de la sauge, du thym et de la mélisse…. On verra bien.

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Ma réserve...

Je n’ai pas pu éluder la question de l’aliment de base, le pain. On peut bien évidemment trouver de véritables artisans boulangers près de chez soi mais sait-on d’où vient la farine ? Le Lauragais est une terre à blé et des champs s’étendent à perte de vue mais aucun boulanger n’affiche la provenance de la farine. Je me suis donc rapproché d’un groupe de six jeunes personnes qui est en cours d’installation à quelques kilomètres de Castelnaudary, à Labécède – Lauragais. Ils ont pour projet la création de trois ateliers : fromage, maraîchage et pain : Lait – Co – Pain (ce n’est pas une blague). Sachant que la farine, avant qu’elle soit, à terme, issue du blé produit sur la ferme, est pour le moment produite à Revel, je leur ai demandé s’ils pouvaient, à titre gracieux et avant de s’installer officiellement, me fournir. Ils ont accepté !

J’ai donc fait provision de ce pain parallélépipédique dans le but d’en avoir dès le premier jour de mon expérience car je ne me voyais nullement manger les tomates et le fromage (ni rien d’autre d’ailleurs !) sans lui.

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Lundi 08 : Je suis à J-1 et c’est la fête au village chez mes grands parents dans le Lot.

Pendant trois jours de fêtes, c’est vraiment l’abondance et je n’aurais pas pu, sans organisation, commencer mon expérience avant cela… Ainsi, je me suis, comme d’habitude, empifré de tout (je précise que les confits, les salades, les fromages et les gâteaux, notamment les pastis du Quercy, sont toujours bons) et ai terminé par le repas champêtre du lundi soir.

Je suis déjà observé et ce repas a l’air d’une soirée d’adieu alimentaire…Toutes les personnes à qui j’ai parlé de mon expérience ou qui ont lu les journaux viennent me chambrer : « C’est ta dernière bière, ta dernière glace au chocolat, ton dernier café !» ou croient que j’ai déjà commencé : « tu triches, tu sais d’où il vient le rôti du repas que tu manges » ? Vers minuit, à la buvette, mes copains m’ont offert une dernière bière et un compte à rebours…..

 

 

 

 

Mardi 09 : Il est 11 heures, je me lève et n’ai pas encore faim car j’ai encore le repas d’hier soir, qui en valait deux, dans le ventre.

J’ai le réflexe d’aller vers la boîte de Lipton que j’ouvre deux secondes avant de m’arrêter…Ah oui, c’est vrai, ça, c’est terminé ! Je me dirige tout penaud vers la cagette que Véronique m’a garnie et en extrait une branche de menthe encore fraîche. C’est le premier acte ! Je prépare l’eau chaude dans laquelle je la trempe. Ça sent bon et m’en vais la boire entre les arbres en me demandant « Vais-je tenir la distance » ?

Il est midi et demi, je dois aller manger chez mon oncle et ma tante : c’est mon premier repas du pari et, de plus, à l’extérieur….Elle m’a préparé une assiette uniquement composée de produits du jardin (de tomates, haricots verts, persil) et de poulet de la basse cour ainsi que de fritons de canards d’un éleveur du village. J’avais amené le pain de Labécède et le piment. Il ne manquait plus qu’un verre de vin des Côteaux du Quercy, du Melon du Quercy et d’un Cabécou de Rocamadour… Ma foi, pour un premier repas local, je pensais qu’il y avait pire…

A la fin du repas, le réflexe fut de penser à un café…. Et bien non, ce fut de la menthe dans de l’eau chaude : mouais, ce n’est pas pareil…

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Le soir : rebelote, de nouveau chez ma tante, à la place du poulet, c’est une cuisse de canard confite avec des radis, des tomates et du fromage…

 

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Je suis allé me coucher en me disant que ce n'est pas si stressant ni désagréable pour une première journée...

 

 
Avant le début...

 

« Je t’ai vu naître, je vais te voir mourir ! » m’a dit ma grand-mère, catastrophée et dépitée en me voyant refuser les gâteaux au chocolat qu’elle me tendait…

« Tu vas perdre 20 kilos et te carencer en tout » m’ont dit des dizaines de personnes persuadées que réduire le secteur d’approvisionnement est synonyme de réduction de la taille des assiettes…

« Tu vas passer pour un martien, te couper de la société et perdre tous tes amis » m’ont également martelé tant de personnes persuadées que « manger local et pas pareil » est synonyme de marginalisation sociale.

« Tu vas devoir payer plus et tu dois bigrement bien gagner ta vie pour faire un truc comme ça » m'ont fait remarqué, sûrs d'eux, la majorité de mes interlocuteurs.

« Pourquoi tu fais ça ? De la bouffe, il y en a de toutes les sortes à Géant Casino et qui en plus, vient de partout » ont objecté certains, assurés de me rendre service en me donnant ce bon plan...

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Le défi de se nourrir localement

Permettre à un territoire et à sa population d'être capables de se nourrir: Une question d'ordre public

Dans l'Aude, à Castelnaudary, j'ai entamé dès le 9 Septembre 2008 une expérience : celle de me nourrir exclusivement, durant une année, de produits ayant poussé à moins de 150 km de chez moi et en faisant mon possible pour consommer le maximum dans un rayon de 15 km...

Nous vivons avec une épée de Damoclès : celle de la raréfaction et de l'augmentation du prix du pétrole. Notre nourriture dépend de lui pour sa production comme pour son acheminement. Dans ce contexte, que se passe-t-il si l'on enlève à nos sociétés cet élément déterminant ? 

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